J’irai voter dimanche aux élections européennes. Mais pour qui ?

J’ai fait un beau rêve. La France rayonnait dans le monde. Elle défendait les droits de l’homme, les droits de la famille, elle accueillait les plus pauvres, donnait du travail à tous…

Il est 7 heures mon réveil sonne. Je suis brutalement de retour dans le monde d’aujourd’hui, la radio me le rappelle : la dette de la France est colossale, les sans travail sont de plus en plus nombreux, les immigrés affluent dans l’espoir de vivre mieux, notre seul porte-avions est sur cale pour six mois, les soldats français s’épuisent au Mali et en Centrafrique ; notre Président allait policer l’Europe dans le sens de ses déclarations mais ce n’était qu’un discours, …
Il faut peut-être que j’accepte, la France seule n’a plus l’aura d’hier, elle s’appauvrit et sa population ne représente plus que 1% de la population mondiale.

Dépité, je tourne le bouton de la radio. Gérard Depardieu déménage en Belgique pour payer moins d’impôts, les fumeurs passent la même frontière virtuelle pour acheter leur tabac moins cher, un peu plus loin les Messins se ruent au Luxembourg pour faire un plein de carburant moins cher ; que l’on soit riche ou pauvre, on veut payer moins d’impôts à l’État.

Qu’attend l’Europe pour uniformiser la fiscalité ? Oui, mais ce chapitre demande un accord unanime des 28 Pays. J’écoute encore. En 2013 la France a eu un taux de croissance de 0,3% ; pendant ce temps, même pour une mauvaise année, le Brésil a atteint 2,3%, la Russie 3,5%, l’Inde 5%, la Chine 7,7%. Les USA oublient 2008, ils enregistrent 2,8% de taux de croissance, ils retrouvent leur indépendance énergétique grâce à l’exploitation du gaz de schiste.

Si la France se replie sur elle-même puis-je espérer que tout ira mieux ?
Alors je me mets à penser. Suis-je prêt : à voyager en Europe avec un sac de monnaies diverses tout en finançant le coût du change, à reconstruire des postes frontières, à subir régulièrement des dévaluations et à payer 3 fois plus cher le litre d’essence et les produits importés en mettant en danger les marchés qui nous restent à l’exportation. Non, je ne me sens pas prêt à prendre ces risques.

A tout bien réfléchir, je vois l’avenir dans l’Union de 500 millions d’Européens, première puissance économique du monde, dans la mutualisation de nos moyens, dans une fiscalité uniformisée, dans l’élection d’un Président au suffrage universel qui s’entourerait d’un gouvernement et de ministres pour chaque domaine régalien, une chambre de députés qui accréditerait ou sanctionnerait leur travail. La défense, la politique étrangère, la justice, les finances, l’économie, la recherche, la politique énergétique deviendraient du domaine des États-Unis d’Europe. Pour tout ce qui n’a pas un caractère supranational chaque Nation se gèrerait comme elle l’entend, en clair on s’organiserait à l’inverse de ce qui est fait aujourd’hui.
Comme je ne peux pas « avoir le beurre et l’argent du beurre », j’accepte de remettre démocratiquement une partie de la souveraineté (uniquement sur les droits régaliens) de mon pays dans les mains de la nouvelle Nation « L’Europe ». La seule façon à mes yeux de ne pas être écrasé par la puissance des pays émergents et par les USA. Mais de grâce que l’Europe s’occupe des réels sujets d’avenir plutôt que des variétés de tomate.

Je ne crois pas que les États-Unis d’Europe puissent être l’Éden mais je choisis la solution la moins mauvaise. Oui, j’irai donc voter dimanche en éliminant toutes les listes eurosceptiques et en privilégiant au minimum les listes qui proposent le renforcement de l’Euro, l’harmonisation fiscale, la défense intégrée, au moins j’éviterai l’explosion des coûts de l’énergie, j’aiderai à supprimer la surenchère commerciale entre les pays de l’Union Européenne, je favoriserai une défense plus efficace en diminuant la facture pour la France.

Il se fait tard. Je m’endors et je rêve à mon beau pays qui depuis le vote de 2014 rayonne à nouveau au sein des États-Unis d’Europe.

Philippe Delannoy le 22 mai 2014

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