L’ambiguïté – c’est quoi le savoir vivre ensemble?

Depuis les années 2000 je suis sollicité pour être tantôt président, tantôt assesseur au bureau de vote 123 à Roubaix. Par le passé, nous vivions ensemble dans le respect des convictions de l’autre. A midi la mairie nous apportait un choix de boissons : jus de fruit, eau, bière Kronenbourg et un choix de sandwich : thon, jambon, fromage.

A partir de 2015 la bière Kronenbourg fut supprimée. Cette année en 2021 le sandwich jambon est supprimé. Soyons honnête, il s’agit bien sûr d’un choix culinaire attaché à une religion.

Cette année pour la première fois notre présidente, au demeurant des plus sympathiques, porte l’hidjab, voile religieux porté par les femmes musulmanes. Il me semble que dans une république laïque, qui plus est dans un bureau de vote qui se doit d’être neutre, le port d’un signe religieux ostensible n’a pas sa place. Même si je n’en tire aucune fierté, en réaction vis-à-vis de nos édiles qui ne mettent aucune limite je me suis permis de fabriquer sur place une croix chrétienne et de la poser sur ma chemise. Pourtant, j’ai la conviction qu’ensemble musulmans et non musulmans il nous appartient de se fixer des limites. C’est la condition du vivre ensemble. Mais cela ne doit pas être à sens unique.

Dans les trois points que j’expose : nourriture, boisson, signe religieux on impose à autrui dans notre bureau de vote de vivre selon la culture ou les interdits religieux de l’autre. C’est précisément ce qui faut combattre car cela conduit au rejet de l’autre.

Devrais-je la semaine prochaine venir avec ma croix, mon sandwich, ma bière pour rester moi-même ?

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